Les postures sédentaires au travail se généralisent avec le développement des postes informatiques, du travail assis, des réunions en visioconférence et du télétravail. Or, rester assis longtemps avec une très faible dépense énergétique ne constitue pas seulement une question de confort : cette situation peut contribuer à l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS) et d’autres atteintes à la santé.
La prévention santé au travail doit donc dépasser le simple réglage d’une chaise ou l’achat d’un écran supplémentaire. Elle doit combiner ergonomie du poste de travail, organisation de l’activité, alternance des postures, pauses actives et sensibilisation des équipes.
Table des matières
- Qu’est-ce qu’une posture sédentaire au travail ?
- Quels risques pour la santé des salariés ?
- Le lien entre posture sédentaire et TMS
- Quels salariés sont particulièrement exposés ?
- Comment aménager les postes de travail ?
- Bouger davantage au travail
- Le rôle du DUERP, des managers et des salariés
- FORSIPS, votre partenaire prévention en Occitanie
- Questions fréquentes
- Chiffres clés
Qu’est-ce qu’une posture sédentaire au travail ?
Selon l’INRS, une posture sédentaire correspond à une position assise ou allongée maintenue dans le temps, associée à une très faible dépense énergétique. Dans le monde professionnel, la posture assise est la plus fréquente.
Elle peut apparaître dans de nombreuses situations :
- travail sur ordinateur ;
- réunions prolongées ;
- conduite ou surveillance d’équipements ;
- tâches administratives ;
- télétravail depuis un poste peu adapté ;
- assemblage de petites pièces ;
- accueil du public ou standard téléphonique ;
- formations suivies assis pendant plusieurs heures.
La sédentarité ne dépend donc pas uniquement du métier. Elle résulte aussi de l’organisation du travail, de la durée des tâches, de l’aménagement du poste et des possibilités réelles de bouger.
Il ne s’agit pas de supprimer totalement le travail assis. Une posture debout maintenue longtemps peut également provoquer des douleurs dorsales ou des problèmes circulatoires. L’objectif est plutôt de favoriser une alternance entre les postures et les activités.
« Il n’existe pas de posture idéale : l’alternance entre différentes postures de travail est à privilégier. »
— INRS, Postures sédentaires – Ce qu’il faut retenir
Quels risques pour la santé des salariés ?
Le premier réflexe consiste souvent à associer le travail assis aux douleurs de dos ou de nuque. Ces risques sont réels, mais les effets possibles des postures sédentaires sont plus larges.
L’exposition prolongée peut contribuer à augmenter le risque :
- de douleurs lombaires, cervicales et aux épaules ;
- de troubles musculosquelettiques des membres supérieurs ;
- de raideurs articulaires et de fatigue musculaire ;
- de troubles métaboliques ;
- de maladies cardiovasculaires ;
- de surpoids ou d’obésité ;
- de fatigue générale et de baisse de vigilance ;
- de certains problèmes de santé mentale, notamment lorsque la sédentarité s’accompagne d’isolement ou d’une faible autonomie.
Ces risques ne doivent pas être interprétés comme une conséquence automatique du travail assis. Ils dépendent de nombreux facteurs : durée d’exposition, âge, état de santé, intensité du travail, contraintes psychosociales, équipements et marges de manœuvre.
L’INRS rappelle toutefois que les postures sédentaires constituent un véritable enjeu de prévention des risques professionnels et doivent être intégrées à l’évaluation des situations de travail.
📊 TMS, troubles cardiovasculaires, troubles métaboliques et autres atteintes à la santé – Risques associés aux postures sédentaires
Le lien entre posture sédentaire et troubles musculosquelettiques (TMS)
Les TMS regroupent différentes atteintes touchant les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations. Ils concernent notamment le dos, le cou, les épaules, les poignets et les coudes.
Une posture assise prolongée peut favoriser les TMS lorsqu’elle s’accompagne :
- d’un dos arrondi ou insuffisamment soutenu ;
- d’un écran mal positionné ;
- d’un clavier ou d’une souris trop éloignés ;
- d’une absence de mouvement ;
- de gestes répétitifs ;
- d’une forte charge mentale ;
- d’objectifs imposant de rester concentré sans interruption.
Le risque est souvent progressif. Une gêne légère peut devenir une douleur persistante, puis limiter les mouvements ou provoquer un arrêt de travail. C’est pourquoi la prévention doit intervenir avant l’apparition des symptômes.
L’activité physique pratiquée en dehors du travail reste bénéfique, mais elle ne remplace pas les mesures visant à interrompre régulièrement les postures sédentaires pendant la journée professionnelle.
Quels salariés sont particulièrement exposés ?
La prévention doit concerner tous les salariés, mais certains métiers ou contextes nécessitent une vigilance renforcée :
| Situation de travail | Risque potentiel | Action de prévention |
|---|---|---|
| Travail sur écran toute la journée | Douleurs cervicales, lombaires, fatigue visuelle et TMS | Régler le poste, alterner les tâches et prévoir des interruptions |
| Télétravail sur une table de cuisine | Posture contraignante, écran trop bas, douleurs dorsales | Mettre en place un poste dédié ou adapter le matériel disponible |
| Réunions longues en présentiel ou à distance | Immobilité prolongée et baisse de vigilance | Prévoir des pauses, des réunions plus courtes ou des séquences debout |
| Accueil, standard ou centre d’appels | Position assise statique et gestes répétitifs | Alterner les positions et ajuster siège, écran, casque et accessoires |
| Assemblage de petites pièces | Posture fixe, flexion du cou et répétitivité | Adapter la hauteur du plan de travail et organiser une rotation |
| Conduite ou surveillance | Immobilité, vibrations et fatigue posturale | Programmer des pauses et varier les activités lorsque cela est possible |
| Management très sédentaire | Enchaînement d’écrans, réunions et déplacements limités | Donner l’exemple et intégrer le mouvement dans l’organisation |
Les salariés en situation de handicap, les personnes revenant après un arrêt ou celles présentant déjà des douleurs doivent bénéficier d’une analyse individualisée avec les acteurs compétents de la santé au travail.
Comment aménager les postes de travail ?
L’ergonomie du poste de travail ne consiste pas à appliquer une position identique à tous. Elle vise à adapter le poste à l’activité, à la personne et à son environnement.
Les principaux réglages à vérifier
- Le haut de l’écran doit se situer approximativement au niveau des yeux, selon la morphologie et les besoins visuels.
- L’écran doit être placé face au salarié afin d’éviter les rotations répétées du cou.
- Les avant-bras doivent pouvoir reposer naturellement, sans élévation permanente des épaules.
- Les pieds doivent être stables au sol ou sur un repose-pieds adapté.
- Le siège doit permettre un réglage de la hauteur et un soutien confortable du dos.
- Le clavier et la souris doivent rester proches du corps.
- Les documents fréquemment consultés doivent être placés de manière à limiter les mouvements répétitifs de la tête.
- L’éclairage et les reflets sur l’écran doivent être contrôlés.
Un bureau assis-debout peut faciliter l’alternance, mais il ne constitue pas une solution unique. Il doit être intégré dans une démarche globale et accompagné de consignes adaptées.
Encadré pratique — Les bons réflexes devant un écran
- Alterner régulièrement les tâches sur écran et hors écran.
- Se lever pour téléphoner ou échanger lorsque cela est possible.
- Regarder au loin périodiquement pour relâcher l’accommodation visuelle.
- Éviter de travailler durablement avec l’ordinateur portable posé à plat.
- Ne pas attendre l’apparition d’une douleur pour signaler une difficulté.
- Régler le poste avec l’aide d’un professionnel si nécessaire.
Bouger davantage au travail : quelles mesures concrètes ?
La prévention de la sédentarité repose sur des actions simples, régulières et compatibles avec l’activité :
- organiser des pauses actives courtes ;
- se lever pendant les appels téléphoniques ;
- proposer des réunions debout lorsque leur format s’y prête ;
- utiliser les escaliers pour les déplacements adaptés ;
- alterner les tâches administratives et les activités nécessitant des déplacements ;
- créer des espaces permettant de travailler ponctuellement debout ;
- intégrer des micro-pauses dans les logiciels ou les agendas ;
- encourager les déplacements vers les collègues plutôt que les échanges systématiquement numériques ;
- prévoir une rotation de certaines tâches ;
- former les équipes aux principes de prévention.
Les exercices doivent rester simples : mobilisation des épaules, extension douce du dos, marche de quelques minutes ou relâchement des poignets. Ils ne doivent jamais remplacer l’aménagement du poste ou la réduction des contraintes organisationnelles.
Checklist : 10 actions pour réduire la sédentarité au travail
- Identifier les situations où les salariés restent assis longtemps.
- Intégrer la sédentarité au DUERP lorsque le risque est présent.
- Vérifier les postes sur écran, au bureau comme en télétravail.
- Régler les sièges, écrans, claviers et souris.
- Favoriser l’alternance entre travail assis, debout et déplacements.
- Prévoir des pauses actives compatibles avec la production.
- Réduire les réunions inutilement longues.
- Organiser une rotation des activités lorsque cela est possible.
- Former et sensibiliser les managers et les salariés.
- Suivre les difficultés signalées et réévaluer les actions.
Quel rôle pour le DUERP, les managers et les salariés ?
Le rôle de l’employeur et du DUERP
L’évaluation des risques professionnels et sa transcription dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) relèvent de la responsabilité de l’employeur. La sédentarité doit être analysée lorsqu’elle est liée aux postes, aux tâches ou à l’organisation du travail.
Le DUERP ne doit pas se limiter à constater un risque. Il doit permettre de définir un plan d’action : matériel, aménagement, organisation, information et formation.
Cette obligation réglementaire doit être distinguée des recommandations de prévention. La réglementation impose une démarche d’évaluation et de prévention ; elle ne signifie pas qu’un équipement précis, comme un bureau assis-debout, est obligatoire dans toutes les entreprises.
Le rôle des managers
Les managers peuvent :
- donner l’exemple en respectant les pauses ;
- éviter de valoriser la présence immobile prolongée ;
- organiser les réunions avec des temps de respiration ;
- écouter les remontées des équipes ;
- signaler les situations nécessitant une analyse ergonomique ;
- intégrer la prévention dans les objectifs d’équipe.
Le rôle des salariés
Chaque salarié doit pouvoir signaler une gêne, demander un réglage de poste et adopter les comportements compatibles avec son activité. La prévention est plus efficace lorsque les salariés participent à l’identification des contraintes et à la recherche de solutions.
La sensibilisation peut être complétée par une formation SST, une formation MAC SST ou une formation aux gestes qui sauvent, afin de développer une culture plus large de la santé et de la sécurité au travail.
FORSIPS, votre partenaire prévention en Occitanie
Basée dans le sud de la France, FORSIPS accompagne les entreprises, collectivités et établissements dans leurs démarches de prévention, de secourisme et de sécurité. L’association intervient notamment à Montpellier, dans l’Hérault ainsi que dans plus de 30 villes du sud de la France.
Pour les entreprises confrontées aux enjeux de travail assis, de télétravail ou de prévention des TMS, une démarche peut associer :
- sensibilisation aux postures sédentaires ;
- analyse des situations de travail ;
- conseils d’aménagement du poste ;
- prévention santé et sécurité ;
- formations SST et MAC SST ;
- exercices pratiques et mises en situation ;
- accompagnement des managers et des équipes.
L’actualité de l’INRS confirme l’importance du sujet : une journée technique consacrée aux postures sédentaires au travail est prévue à distance le mardi 13 octobre 2026. Cet événement doit contribuer à diffuser les connaissances et les retours d’expérience sur les moyens d’agir en entreprise.
« L’INRS organise une journée technique consacrée aux postures sédentaires au travail le mardi 13 octobre 2026. »
— INRS, Agenda 2026
Pour découvrir l’ensemble des solutions proposées, consultez l’accueil de FORSIPS.
Questions fréquentes
Une posture assise est-elle toujours dangereuse au travail ?
Non. Le travail assis peut être adapté et nécessaire pour certaines activités. Le risque apparaît surtout lorsque la posture est maintenue longtemps, sans possibilité de bouger, avec un poste mal réglé ou une organisation peu flexible. L’objectif est donc d’alterner les postures et les activités.
Les pauses actives sont-elles obligatoires ?
Les pauses actives ne constituent pas automatiquement une obligation réglementaire générale. Elles font partie des mesures de prévention recommandées lorsqu’elles répondent aux contraintes réelles du travail. Leur forme doit être adaptée à l’activité et organisée sans créer de nouvelle contrainte.
Le télétravail relève-t-il de la prévention des TMS ?
Oui. Le télétravail peut exposer à une posture sédentaire prolongée et à un poste mal aménagé. L’employeur doit intégrer les risques professionnels liés à l’organisation du travail et fournir des informations ou moyens adaptés selon la situation.
Le DUERP doit-il mentionner les postures sédentaires ?
Lorsque les salariés sont exposés à une posture assise prolongée ou à des contraintes associées, ce risque doit être pris en compte dans l’évaluation des risques. Le DUERP doit ensuite être relié à des actions concrètes de prévention.
Une formation suffit-elle à prévenir les TMS ?
Non. La formation et la sensibilisation sont utiles, mais elles doivent compléter l’aménagement du poste, l’organisation du travail, l’alternance des activités et le suivi des situations de travail. Une prévention efficace agit sur plusieurs leviers à la fois.
Chiffres clés
📊 13 octobre 2026 : l’INRS organise une journée technique dédiée aux postures sédentaires au travail.
📍 Plus de 30 villes : FORSIPS intervient dans le sud de la France pour accompagner les entreprises et les collectivités.
🧩 4 leviers complémentaires : aménagement du poste, organisation du travail, alternance des activités et sensibilisation.
📊 Mardi 13 octobre 2026 – Journée technique INRS sur les postures sédentaires
📊 Plus de 30 villes du sud de la France – Zone d’intervention FORSIPS
Conclusion
Les postures sédentaires au travail représentent un enjeu concret de prévention santé au travail, notamment dans les métiers administratifs, les activités sur écran et le télétravail. Pour réduire les TMS et les autres risques professionnels, il est nécessaire d’agir sur l’ensemble de la situation de travail : ergonomie du poste, organisation, alternance des tâches, pauses actives et sensibilisation.
Le DUERP fournit un cadre pour identifier les expositions et planifier les actions. Les managers jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre quotidienne, tandis que les salariés doivent pouvoir participer, signaler les difficultés et adopter les bons réflexes.
Contactez FORSIPS au 07.68.01.99.41 ou sur www.forsips.fr pour renforcer votre prévention santé au travail en Occitanie.