Accidents de trajet : comment sensibiliser et protéger vos salariés à la rentrée ?

À la rentrée, les déplacements domicile-travail reprennent leur rythme habituel : trajets en voiture, déplacements à vélo, marche, deux-roues motorisés ou transports en commun. Après une période estivale parfois moins régulière, les salariés retrouvent des horaires fixes, des routes plus fréquentées et des contraintes de temps susceptibles d’augmenter les risques.

Pour les dirigeants, responsables RH, managers, responsables HSE et membres du CSE, cette période constitue un moment pertinent pour rappeler les bonnes pratiques de prévention. L’objectif : mieux sensibiliser les salariés, favoriser des comportements prudents et renforcer la capacité de réaction en cas d’accident.

La prévention des accidents de trajet repose sur plusieurs leviers : l’information, l’organisation du travail, l’identification des situations à risque et la formation aux premiers secours. À Montpellier, dans l’Hérault et plus largement en Occitanie, les entreprises peuvent s’appuyer sur des actions concrètes pour améliorer la sécurité routière des salariés.

Table des matières

Qu’est-ce qu’un accident de trajet ?

Un accident de trajet est un accident qui survient pendant le déplacement habituel entre le domicile du salarié et son lieu de travail, ou entre son lieu de travail et l’endroit où il prend habituellement ses repas.

Le trajet doit généralement être effectué dans un délai raisonnable autour des horaires de travail, en tenant compte de la distance, du mode de transport et des circonstances du déplacement. La qualification dépend toutefois des faits précis : itinéraire suivi, horaires, éventuels détours ou interruptions du trajet.

Un détour peut parfois rester compatible avec la notion d’accident de trajet lorsqu’il est justifié par les nécessités essentielles de la vie courante, comme accompagner un enfant à l’école ou effectuer une démarche habituelle. L’appréciation relève des organismes compétents selon les circonstances de l’accident.

Un accident de trajet ne doit pas être automatiquement assimilé à un accident du travail. La qualification dépend de la situation concrète et des règles applicables.

« L’accident de trajet concerne le déplacement entre le domicile et le lieu de travail, dans un délai raisonnable et selon les circonstances du trajet »
— Service-Public.fr

Accident de trajet et accident du travail : quelles différences ?

La principale différence concerne le lieu et le contexte dans lesquels l’accident se produit.

Élément de comparaisonAccident de trajetAccident du travail
Lieu de l’accidentTrajet habituel entre le domicile et le travail ou vers le lieu de repasSur le lieu de travail ou pendant une activité professionnelle
Lien avec l’activitéLe salarié se déplace pour rejoindre ou quitter son travailLe salarié est sous l’autorité de l’employeur
ExemplesCollision sur le trajet, chute à vélo, accident dans les transportsChute dans un atelier, blessure avec une machine, malaise sur le lieu de travail
QualificationDépend des circonstances précises du déplacementRepose notamment sur le fait accidentel survenu dans le cadre du travail
DémarchesInformation de l’employeur et déclaration selon la procédure applicableInformation de l’employeur et déclaration selon la procédure applicable

Cette distinction peut avoir des conséquences différentes en matière de prise en charge et d’indemnisation. Il est donc important de ne pas tirer de conclusion générale à partir d’une situation particulière.

En cas de doute, le salarié doit informer rapidement son employeur et conserver les éléments utiles : lieu, horaires, circonstances, coordonnées des témoins et documents médicaux. L’entreprise doit, de son côté, appliquer sa procédure interne et orienter le salarié vers les organismes compétents ou le service RH.

Cette présentation ne constitue pas un avis juridique personnalisé. Pour une situation individuelle, il est recommandé de se rapprocher de la CPAM, de la MSA, du service RH ou d’un professionnel compétent.

Quels sont les principaux risques sur le trajet domicile-travail ?

Les risques liés aux déplacements varient selon le mode de transport, les horaires, l’état de la route et les conditions personnelles du salarié.

Les trajets en voiture

La voiture expose notamment aux risques de vitesse excessive, de distraction, de fatigue, de mauvaise visibilité et de conduite par conditions météorologiques difficiles. Le téléphone au volant, même pour une courte consultation, détourne l’attention de la circulation.

Les salariés doivent notamment :

  • Respecter le Code de la route ;
  • Adapter leur vitesse aux conditions de circulation ;
  • Prévoir suffisamment de temps pour éviter les déplacements précipités ;
  • Faire des pauses en cas de fatigue ;
  • Ne jamais utiliser leur téléphone au volant ;
  • Vérifier l’état général du véhicule.

Les deux-roues motorisés

Les conducteurs de motos et scooters sont davantage exposés aux chutes, aux collisions et au manque de visibilité. La prévention passe par le port d’équipements adaptés, l’utilisation d’un éclairage efficace et une conduite anticipative.

Les déplacements à vélo

Les trajets à vélo peuvent être affectés par la circulation, les intersections, les chaussées glissantes, les défauts d’éclairage et le manque de visibilité. Le casque, les vêtements visibles et un vélo correctement équipé contribuent à réduire les risques.

Les trajets à pied

Les piétons doivent rester vigilants lors des traversées, notamment aux heures de forte circulation ou lorsque la visibilité est réduite. Les écouteurs, le téléphone et la précipitation peuvent diminuer l’attention.

Les transports en commun

Les risques concernent principalement les chutes, les quais, les escaliers, les montées précipitées dans un véhicule ou les correspondances effectuées dans l’urgence.

La fatigue, le stress et les horaires décalés

La fatigue peut altérer la vigilance et ralentir la prise de décision. Les horaires très matinaux, le travail de nuit, les longues journées et les trajets réalisés sous pression doivent être pris en compte dans la démarche de prévention.

Tableau des principaux risques et actions de prévention

Mode de déplacementRisques principauxActions de prévention
VoitureFatigue, vitesse, distraction, météoRespect du Code de la route, pauses, téléphone interdit au volant
Deux-rouesChute, manque de visibilité, équipements insuffisantsPort des équipements adaptés, éclairage, anticipation
VéloCollision, visibilité réduite, chaussée glissanteCasque, éclairage, vêtements visibles, itinéraire sécurisé
MarcheTraversée, faible visibilité, distractionsVigilance, vêtements visibles, respect des passages protégés
Transports en communChutes, quais, correspondances précipitéesAnticipation, attention aux déplacements et aux abords des stations

📊 Première cause de mortalité en lien avec le travail selon l’INRS – Risque routier lié au travail

Comment l’employeur peut-il prévenir les accidents de trajet ?

Même si le salarié n’est généralement pas sous la subordination de l’employeur pendant son trajet domicile-travail, l’entreprise peut jouer un rôle important dans la sensibilisation et la prévention.

1. Sensibiliser régulièrement les salariés

Une communication ponctuelle ne suffit pas toujours. Les messages de prévention peuvent être diffusés à différents moments de l’année :

  • À la rentrée ;
  • Avant les périodes hivernales ;
  • À l’approche des congés ;
  • Lors des changements d’horaires ;
  • À l’occasion d’une semaine de la sécurité routière ;
  • Après l’analyse d’une situation dangereuse ou d’un accident.

Les messages doivent rester concrets : ne pas utiliser son téléphone, anticiper les temps de trajet, vérifier son éclairage, adapter sa vitesse et s’arrêter en cas de fatigue.

2. Prendre en compte la fatigue et le stress

L’organisation du travail peut influencer les conditions de déplacement. Lorsque cela est possible, l’entreprise peut réfléchir à des horaires cohérents, limiter les départs précipités et éviter de créer une pression inutile sur les temps d’arrivée.

Les managers ont également un rôle à jouer en rappelant qu’un salarié ne doit pas prendre de risque pour respecter une heure d’arrivée ou répondre à un appel pendant qu’il conduit.

3. Informer sur la visibilité et les équipements

Les salariés qui marchent ou utilisent un vélo peuvent être sensibilisés à l’importance :

  • D’un éclairage fonctionnel ;
  • De vêtements ou accessoires visibles ;
  • Du port d’un casque adapté ;
  • De l’entretien du vélo ou du deux-roues ;
  • Du choix d’itinéraires sécurisés ;
  • De la prudence lors des traversées et intersections.

4. Identifier les situations les plus exposées

L’entreprise peut interroger les salariés ou les représentants du personnel sur les difficultés rencontrées : route dangereuse, accès mal éclairé, horaires de nuit, absence de stationnement sécurisé, conditions particulières liées à la météo ou à la circulation.

Ces informations peuvent aider à cibler les actions de prévention sans supposer que tous les salariés sont exposés aux mêmes risques.

5. Encourager le signalement

Une situation dangereuse doit pouvoir être signalée facilement. Une remontée concernant un parking mal éclairé, un accès glissant ou une circulation complexe peut contribuer à améliorer l’environnement immédiat de l’entreprise.

Le DUERP et le plan de prévention des déplacements

Le DUERP, ou document unique d’évaluation des risques professionnels, s’inscrit dans une démarche globale d’identification et de prévention des risques liés au travail.

Les déplacements peuvent être pris en compte lorsque les conditions de travail, les horaires, l’organisation de l’activité ou les missions exposent les salariés à des risques routiers ou à des situations particulières. L’analyse peut notamment porter sur :

  • Les horaires de prise de poste ;
  • Les déplacements professionnels ;
  • Les astreintes ou horaires décalés ;
  • Les trajets réalisés par des salariés isolés ;
  • Les déplacements à pied, à vélo ou en deux-roues ;
  • Les contraintes liées aux sites d’intervention ;
  • Les conditions météorologiques ou saisonnières.

Le DUERP ne suffit pas, à lui seul, à supprimer tous les accidents de trajet. Il constitue un support pour structurer l’analyse, définir des mesures de prévention et suivre leur mise en œuvre.

La démarche peut être complétée par des échanges avec le CSE, le service de prévention et de santé au travail, les managers et les salariés concernés.

Que faire en cas d’accident sur le trajet ?

Que faire immédiatement en cas d’accident sur le trajet ?

  1. Se mettre en sécurité si cela est possible.
  2. Protéger la zone sans se mettre en danger.
  3. Alerter les secours.
  4. Donner une localisation précise.
  5. Décrire le nombre de victimes et leur état apparent.
  6. Ne pas déplacer une victime sauf en cas de danger immédiat.
  7. Suivre les consignes données par les services de secours.
  8. Informer l’employeur ou le service concerné selon la procédure interne.

Les principaux numéros d’urgence sont :

  • 15 : aide médicale urgente ;
  • 18 : sapeurs-pompiers ;
  • 112 : numéro d’urgence européen.

Les gestes à effectuer dépendent de la situation. Il est essentiel de suivre les consignes des services de secours et de ne pas s’exposer à un danger supplémentaire.

Après l’accident, le salarié doit informer son employeur selon les modalités prévues. L’employeur applique ensuite la procédure de déclaration adaptée. Selon les informations communiquées par l’Assurance Maladie, le salarié doit généralement informer son employeur dans les 24 heures et l’employeur dispose ensuite de 48 heures pour effectuer la déclaration, hors dimanches et jours fériés.

« Le salarié doit informer son employeur rapidement et l’employeur dispose généralement de 48 heures pour transmettre la déclaration à l’Assurance Maladie »
— ameli.fr

Quelles formations pour renforcer la prévention et les premiers secours ?

La formation permet de transformer les messages de prévention en compétences concrètes. Elle ne constitue pas une obligation automatique liée à chaque accident de trajet, mais elle peut renforcer la capacité de l’entreprise à prévenir les risques et à réagir efficacement.

La formation SST

La formation SST permet de développer les compétences du sauveteur secouriste du travail en matière de prévention et de secours. Le programme aborde notamment l’identification des dangers, la protection, l’alerte, l’examen d’une victime et les principaux gestes de secours.

Dans une entreprise, les salariés formés peuvent contribuer à la diffusion d’une culture de prévention et intervenir en attendant l’arrivée des secours, dans le cadre de leurs compétences.

Le MAC SST

Le MAC SST permet de maintenir et d’actualiser les compétences des sauveteurs secouristes du travail. Cette actualisation est essentielle pour conserver des automatismes et intégrer les évolutions des pratiques de prévention.

Le PSC

La formation PSC s’adresse aux personnes qui souhaitent apprendre les gestes de premiers secours. Elle peut contribuer à donner aux salariés les réflexes essentiels face à une victime, au travail comme dans la vie quotidienne.

Les gestes qui sauvent

La formation Les gestes qui sauvent permet de sensibiliser rapidement les salariés aux réactions à adopter face à une situation d’urgence : protéger, alerter et réaliser les premiers gestes adaptés.

La formation DAE

La formation DAE apprend à utiliser un défibrillateur automatisé externe en complément de l’alerte et des gestes de secours. Elle aide les participants à mieux réagir lorsqu’une victime ne répond pas et ne respire pas normalement.

FORSIPS, votre partenaire prévention à Montpellier et en Occitanie

FORSIPS accompagne les entreprises dans leurs démarches de prévention, de secourisme et de sécurité incendie à Montpellier, dans l’Hérault et en Occitanie.

Les actions de formation peuvent répondre aux besoins de différents publics :

  • Dirigeants et responsables RH ;
  • Responsables HSE ou QHSE ;
  • Managers ;
  • Membres du CSE ;
  • Salariés désignés ou volontaires ;
  • Équipes exposées à des situations particulières.

L’association intervient notamment dans les secteurs de Montpellier, Perpignan, Pollestres et les Pyrénées-Orientales. Selon les besoins des entreprises, les actions peuvent également concerner Nîmes, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Marseille, Toulon ou Avignon.

La prévention des accidents de trajet peut être intégrée à une démarche plus large comprenant la formation SST, le MAC SST, les premiers secours, le DAE et la sensibilisation aux risques en entreprise.

Pour découvrir les formations proposées, consultez le site officiel de FORSIPS.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un accident de trajet et un accident du travail ?

Un accident de trajet survient généralement entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel de repas. Un accident du travail survient dans le cadre de l’activité professionnelle ou sur le lieu de travail. La qualification dépend des circonstances précises.

L’employeur est-il responsable de tous les accidents sur le trajet domicile-travail ?

Non. Le salarié n’est généralement pas sous la subordination de l’employeur pendant son trajet domicile-travail. Toutefois, l’entreprise peut agir sur la prévention, l’information, l’organisation du travail et la sensibilisation aux risques.

Comment sensibiliser les salariés aux risques routiers ?

Il est possible d’organiser des rappels réguliers, des ateliers de prévention, des communications ciblées avant la rentrée ou l’hiver, ainsi que des formations aux premiers secours. Les messages doivent être concrets et adaptés aux modes de déplacement des salariés.

Le SST peut-il intervenir en cas d’accident de trajet ?

Oui, un salarié SST peut porter assistance dans le cadre de ses compétences et selon les circonstances, notamment pour protéger, alerter et effectuer les gestes de secours adaptés. Il doit toujours éviter de se mettre en danger et suivre les consignes des secours.

Quelles formations peuvent renforcer la prévention en entreprise ?

La formation SST, le MAC SST, le PSC, la formation Les gestes qui sauvent et la formation DAE peuvent contribuer à développer les compétences de prévention et de premiers secours. Le choix dépend des besoins et de l’organisation de l’entreprise.

Chiffres clés

📊 15, 18 et 112 : les principaux numéros d’urgence à connaître en cas d’accident.

⏱️ 24 heures : délai généralement indiqué pour informer l’employeur d’un accident du travail ou de trajet.

📄 48 heures : délai généralement prévu pour la déclaration de l’employeur à l’Assurance Maladie, hors dimanches et jours fériés.

🚗 Première cause : selon l’INRS, la route représente la première cause de mortalité en lien avec le travail lorsque sont pris en compte les risques routiers en mission et les risques de trajet.

📊 Dans les 24 heures en règle générale – Information de l’employeur après un accident

📊 Dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés – Déclaration par l’employeur

Conclusion

La prévention des accidents de trajet commence par une information claire, régulière et adaptée aux réalités des salariés. À la rentrée, les entreprises peuvent profiter de la reprise des déplacements pour rappeler les règles de sécurité routière, identifier les situations à risque et renforcer les compétences en premiers secours.

Le DUERP, les échanges avec les salariés et le CSE, la sensibilisation aux déplacements et les formations adaptées permettent de construire une démarche cohérente. La formation SST, le MAC SST, le PSC, les gestes qui sauvent et le DAE peuvent notamment contribuer à améliorer la prévention en entreprise et la capacité de réaction face à une urgence.

Pour organiser une action adaptée à votre entreprise à Montpellier, dans l’Hérault, en Occitanie ou dans le sud de la France, contactez FORSIPS.

Contactez FORSIPS au 07.68.01.99.41 ou sur www.forsips.fr pour organiser vos formations de prévention et de premiers secours à Montpellier et en Occitanie.

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