Le Mois Sans Tabac 2026 débutera le dimanche 1er novembre 2026. Pour les entreprises, cette période représente une occasion concrète de parler de santé au travail, de prévention du tabagisme et de conduites addictives, sans jugement ni culpabilisation.
Dirigeants, RH, managers, CSE, SST et référents prévention peuvent profiter de cette mobilisation nationale pour informer les équipes, rappeler les règles de sécurité et orienter les salariés qui souhaitent être accompagnés. L’objectif n’est pas de contrôler les comportements individuels, mais de construire une démarche collective, confidentielle et volontaire.
Pourquoi parler du tabac et des conduites addictives en entreprise ?
L’entreprise constitue un lieu privilégié pour diffuser une information fiable et renforcer la culture de prévention. Les salariés y passent une partie importante de leur temps et certaines situations professionnelles peuvent influencer les habitudes : horaires décalés, travail isolé, stress, fatigue, déplacements fréquents ou exposition à des environnements dangereux.
Parler du tabac au travail ne signifie pas désigner ou surveiller les fumeurs. Il s’agit plutôt de :
- rappeler les règles applicables dans les locaux et les véhicules professionnels ;
- sensibiliser aux effets possibles du tabac et des autres conduites addictives sur la santé et la sécurité ;
- identifier les situations de travail pouvant favoriser certains usages ;
- proposer des ressources d’information et d’orientation ;
- encourager une approche respectueuse et non stigmatisante.
Il est essentiel de distinguer plusieurs niveaux d’intervention :
- Sensibiliser consiste à informer et à ouvrir le dialogue.
- Prévenir vise à réduire les facteurs de risque liés à l’organisation et aux situations de travail.
- Accompagner signifie proposer volontairement une orientation vers les interlocuteurs compétents.
- Soigner relève exclusivement des professionnels de santé.
L’entreprise n’a donc pas vocation à diagnostiquer une addiction ni à organiser une prise en charge médicale.
« La prévention des pratiques addictives repose notamment sur l’évaluation des situations de travail, l’information, la formation et un plan d’actions adapté »
— Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
Quels impacts possibles sur la santé et la sécurité au travail ?
Les effets du tabac et des autres conduites addictives varient selon les personnes, les produits, les usages et les contextes. Il convient donc d’éviter toute généralisation.
Dans certaines situations, des difficultés de vigilance, de fatigue, de concentration ou de coordination peuvent toutefois augmenter les risques professionnels. Ces enjeux méritent une attention particulière pour les postes impliquant :
- la conduite de véhicules ou d’engins ;
- l’utilisation de machines ;
- le travail en hauteur ;
- la manipulation de produits dangereux ;
- les interventions isolées ;
- les horaires de nuit ou alternants ;
- des décisions rapides ayant un impact sur la sécurité d’autrui.
Les conséquences organisationnelles possibles peuvent également concerner l’absentéisme, les retards, les accidents, les tensions entre collègues ou la désorganisation d’une équipe. Ces éléments ne permettent jamais, à eux seuls, de conclure à une conduite addictive.
Les risques psychosociaux, ou RPS, peuvent parfois être associés à certaines consommations ou habitudes, mais il ne faut pas établir de lien automatique. Le stress, la charge de travail, le manque d’autonomie, les conflits ou les horaires atypiques peuvent constituer des facteurs de vulnérabilité. La prévention doit donc agir sur l’organisation du travail, et pas uniquement sur les comportements individuels.
📊 Dès l’embauche du premier salarié – Entreprises concernées par le DUERP
Comment organiser une campagne de sensibilisation sans stigmatiser ?
Une campagne réussie repose sur un cadre clair et bienveillant. Elle doit s’adresser à l’ensemble des salariés, qu’ils fument ou non, et présenter le tabac comme un sujet de santé et de sécurité, non comme un problème moral.
Quelques principes sont essentiels :
- La confidentialité : aucune information individuelle ne doit être communiquée à l’employeur, aux managers ou aux collègues sans accord de la personne.
- Le volontariat : participer à une réunion, demander une information ou être orienté vers un professionnel doit rester libre.
- L’écoute : les salariés doivent pouvoir poser leurs questions sans craindre de jugement.
- L’information fiable : les supports doivent s’appuyer sur des sources institutionnelles et actualisées.
- L’absence de jugement : les messages culpabilisants sont contre-productifs.
- L’égalité de traitement : la campagne doit concerner tous les salariés, sans ciblage humiliant.
- La protection des données personnelles : les éventuels questionnaires ou inscriptions doivent être limités à ce qui est nécessaire.
L’entreprise peut organiser une réunion collective, diffuser une note d’information, proposer des affiches ou mettre à disposition des ressources officielles. Elle peut également inviter le service de prévention et de santé au travail ou un intervenant compétent, selon les besoins identifiés.
Quel rôle pour les RH, managers, CSE et SST ?
Chaque acteur de l’entreprise peut contribuer à la prévention, dans le respect de ses missions.
Les ressources humaines
Les RH peuvent coordonner la campagne, planifier les actions, informer les instances concernées et faciliter l’orientation vers les interlocuteurs compétents. Ils veillent également à ce que les communications respectent la confidentialité et les règles de protection des données.
Les managers
Le manager est un relais de proximité. Il peut transmettre les informations, rappeler les règles de sécurité et rester attentif à une situation préoccupante. Il ne doit pas mener d’interrogatoire, poser un diagnostic ou demander des informations médicales.
Le CSE
Le CSE peut participer à l’analyse des besoins, au dialogue social et à la construction du plan de prévention. Il peut également contribuer à faire remonter les préoccupations des salariés et à favoriser une démarche collective.
Les sauveteurs secouristes du travail
Le SST contribue à la culture de prévention et intervient dans le cadre de ses compétences. Il peut transmettre une information générale, participer à une action de sensibilisation et orienter vers les professionnels adaptés.
En revanche, le SST n’est ni addictologue, ni médecin, ni psychologue. Il ne doit pas diagnostiquer une dépendance, conseiller un traitement ou assurer seul l’accompagnement d’un salarié.
Comment intégrer les conduites addictives dans la démarche de prévention ?
La prévention des conduites addictives doit être intégrée à la démarche globale de santé et sécurité au travail. Le DUERP et les addictions peuvent être abordés lorsque certaines situations de travail sont susceptibles d’augmenter les risques.
L’entreprise peut notamment examiner :
- les horaires atypiques et le travail de nuit ;
- les postes isolés ;
- les déplacements professionnels ;
- la conduite d’engins ou de véhicules ;
- l’accès à des produits dangereux ;
- les situations de stress important ;
- les temps collectifs associés à la consommation d’alcool ;
- les procédures à suivre lorsqu’un salarié semble en difficulté ou présente un comportement incompatible avec la sécurité.
Le DUERP est obligatoire dès l’embauche du premier salarié. Il recense et évalue les risques professionnels liés à la santé et à la sécurité. Les résultats doivent ensuite être traduits en actions de prévention adaptées.
Le règlement intérieur peut également rappeler les règles relatives à la sécurité, à la consommation de produits et aux comportements incompatibles avec le travail. Ces règles doivent rester proportionnées, compréhensibles et conformes aux droits des personnes.
Enfin, le plan d’action peut prévoir des mesures d’information, de formation, d’amélioration des conditions de travail, d’orientation et de suivi.
« Le DUERP consigne les résultats de l’évaluation des risques professionnels auxquels les salariés peuvent être exposés et sert de base à un programme de prévention »
— Service-Public.fr
Quelles actions concrètes proposer aux salariés ?
Une campagne de prévention addictions entreprise peut être simple, progressive et adaptée à la taille de la structure.
| Action de prévention | Objectif | Acteurs concernés |
|---|---|---|
| Campagne d’information interne | Présenter le Mois Sans Tabac et les ressources disponibles | RH, direction, CSE |
| Affiches et supports pédagogiques | Rendre l’information visible et accessible | RH, managers, communication |
| Temps d’échange collectif | Répondre aux questions dans un cadre bienveillant | Salariés, intervenant compétent |
| Orientation vers les dispositifs officiels | Faciliter l’accès à un accompagnement volontaire | RH, service de santé au travail |
| Sensibilisation aux risques | Relier santé, sécurité et situations de travail | Préventeur, SST, managers |
| Actions de promotion de la santé | Encourager des habitudes favorables à la santé | Direction, CSE, salariés |
| Bilan de campagne | Mesurer la participation et identifier les suites | RH, CSE, référent prévention |
Les salariés qui souhaitent arrêter de fumer peuvent être orientés vers un médecin, un pharmacien, un tabacologue ou le dispositif officiel Tabac Info Service. Le site propose notamment des informations et un accompagnement par des professionnels, dont le 39 89. L’entreprise doit communiquer ces ressources sans imposer de démarche individuelle.
8 étapes pour préparer le Mois Sans Tabac en entreprise
- 1. Désigner un pilote
Identifier une personne ou une équipe chargée de coordonner l’action. - 2. Identifier les besoins
Examiner les situations de travail, les publics concernés et les attentes des salariés. - 3. Informer les instances concernées
Associer la direction, les RH, le CSE, le service de prévention et de santé au travail et les référents prévention. - 4. Préparer les messages
Utiliser un vocabulaire accessible, factuel et non culpabilisant. - 5. Mobiliser les managers
Leur fournir des éléments de langage et rappeler les limites de leur rôle. - 6. Proposer des ressources fiables
Orienter vers Tabac Info Service et les professionnels compétents. - 7. Respecter la confidentialité et le volontariat
Ne pas collecter ni diffuser d’informations personnelles inutiles. - 8. Évaluer l’action
Recueillir les retours, mesurer la participation et décider des suites.
Ce que l’entreprise peut faire et ce qu’elle ne doit pas faire
L’entreprise peut :
- informer sur le tabac et les conduites addictives ;
- sensibiliser aux enjeux de santé et de sécurité ;
- prévenir les risques liés aux situations de travail ;
- orienter vers le service de prévention et de santé au travail ou des dispositifs officiels ;
- proposer un accompagnement volontaire ;
- rappeler les règles collectives applicables.
L’entreprise ne doit pas :
- diagnostiquer une addiction ;
- contraindre un salarié à participer à une action ;
- culpabiliser ou stigmatiser les fumeurs ;
- divulguer des informations personnelles ou médicales ;
- imposer un suivi médical ;
- remplacer un médecin, un addictologue, un psychologue ou un tabacologue.
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FORSIPS accompagne les entreprises dans leurs démarches de secourisme, de prévention, de sécurité incendie et de sensibilisation. L’organisme intervient dans plus de 30 villes du sud de la France, notamment à Montpellier, Nîmes, Toulouse, Perpignan, Béziers et Narbonne.
Dans le cadre d’une campagne de prévention, FORSIPS peut contribuer à renforcer la culture de prévention des équipes grâce à des formations adaptées aux réalités professionnelles :
- formation SST ;
- maintien et actualisation des compétences SST ;
- formation aux gestes qui sauvent ;
- formation PSC – Premiers secours citoyen.
FORSIPS intervient notamment à Montpellier et dans les villes environnantes, ainsi qu’à Nîmes, Toulouse, Perpignan, Béziers et Narbonne.
Son rôle est d’apporter une expertise en prévention, en secourisme et en sécurité. Pour toute question médicale ou addictologique, les salariés doivent être orientés vers les professionnels de santé et les dispositifs spécialisés.
FAQ : questions fréquentes
Le Mois Sans Tabac concerne-t-il les entreprises ?
Oui. Le Mois Sans Tabac peut être relayé en entreprise comme une action de sensibilisation à la santé et à la prévention. La participation des salariés doit rester libre et la campagne ne doit pas cibler ou stigmatiser les fumeurs.
Comment parler du tabac sans culpabiliser les salariés ?
Il est préférable d’utiliser des messages collectifs, factuels et bienveillants. L’entreprise peut parler des risques, des ressources disponibles et des règles de sécurité, sans commenter la situation personnelle d’un salarié.
Quel rôle peut jouer le SST face aux conduites addictives ?
Le SST peut contribuer à la culture de prévention, transmettre une information générale et orienter vers les interlocuteurs compétents. Il ne doit pas diagnostiquer une addiction ni se substituer à un professionnel de santé.
Faut-il intégrer les addictions dans le DUERP ?
Lorsque certaines situations de travail peuvent contribuer à des risques liés aux conduites addictives, elles doivent être prises en compte dans l’évaluation des risques professionnels. L’analyse doit porter sur les situations de travail et non sur le jugement des personnes.
Vers qui orienter un salarié qui souhaite être accompagné ?
Le salarié peut être orienté, selon sa demande, vers son médecin, un pharmacien, un tabacologue, le service de prévention et de santé au travail ou Tabac Info Service. Le 39 89 propose un accompagnement officiel et gratuit concernant l’arrêt du tabac.
Chiffres Clés
📊 1er novembre 2026 : lancement du Mois Sans Tabac, une période nationale de mobilisation autour de l’arrêt du tabac.
📋 Dès le premier salarié : le DUERP doit recenser et évaluer les risques professionnels liés à la santé et à la sécurité.
☎️ 39 89 : Tabac Info Service propose une orientation et un accompagnement par des professionnels de l’arrêt du tabac.
Conclusion
Le Mois Sans Tabac 2026 offre aux entreprises une occasion de renforcer leur démarche de prévention, d’informer les salariés et de favoriser un dialogue respectueux autour du tabac et des conduites addictives. Une campagne efficace repose sur le volontariat, la confidentialité, des informations fiables et une orientation vers les professionnels compétents.
En associant direction, RH, managers, CSE, SST et service de prévention et de santé au travail, chaque organisation peut construire une action adaptée à ses réalités, tout en intégrant les enjeux dans le DUERP et le plan de prévention.
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