La transition vers un modèle économique plus durable est une réalité incontournable en 2026. Qu’il s’agisse de réduire l’empreinte carbone, d’adopter des énergies renouvelables ou de modifier la gestion de notre flotte de transport, la transition écologique en entreprise redéfinit en profondeur nos habitudes de travail. Toutefois, l’adoption de ces technologies dites « vertes » (véhicules électriques, stockage d’énergie par batterie, nouveaux produits d’entretien écologiques, procédés de recyclage avancés) n’est pas synonyme d’un environnement de travail sans danger. Au contraire, elle introduit des risques inédits qui doivent impérativement être évalués et consignés par l’employeur.
Pour les dirigeants, responsables des ressources humaines, responsables HSE et membres du CSE basés à Montpellier, dans l’Hérault et plus largement en Occitanie, l’évaluation de la relation entre les risques verts et DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) est devenue un enjeu réglementaire et opérationnel majeur. Adapter sa politique de prévention est indispensable pour concilier transition environnementale et intégrité physique des salariés.
Pourquoi la transition écologique crée-t-elle de nouveaux risques professionnels ?
Lorsqu’une entreprise entame sa transition écologique, elle modifie souvent ses équipements, ses infrastructures et ses matières premières. Cette modernisation, bien que bénéfique pour la planète, engendre des bouleversements techniques qui impactent directement la santé et la sécurité au travail. On assiste ainsi à l’émergence de nouveaux risques professionnels liés à la transition écologique.
L’électrification massive des flottes de véhicules et l’usage généralisé d’outillages portatifs sur batterie déplacent le risque thermique et électrique traditionnel vers des technologies plus complexes. De même, le stockage massif d’énergie renouvelable (solaire, éolien) via des batteries stationnaires introduit des risques d’incendie de forte intensité au sein des locaux.
Enfin, l’économie circulaire et le recyclage des matériaux imposent la manipulation de nouveaux flux de déchets et de substances chimiques de substitution, dont la toxicité ou la réactivité sont parfois mal appréhendées par les équipes de terrain. Une technologie plus écologique peut donc tout à fait générer des risques professionnels accrus si elle n’est pas accompagnée d’une analyse rigoureuse et d’une formation adaptée des salariés.
Batteries lithium et véhicules électriques : quels risques en entreprise ?
L’intégration d’une batterie lithium en entreprise est aujourd’hui monnaie courante, qu’il s’agisse des smartphones professionnels, des ordinateurs, des chariots de manutention ou des véhicules de fonction. Bien que performantes, ces batteries présentent des risques physiques, chimiques et thermiques spécifiques qu’il convient de maîtriser.
L’échauffement et l’emballement thermique
Le principal danger lié aux accumulateurs lithium-ion est l’emballement thermique. Ce phénomène peut être déclenché par un choc mécanique (chute de l’appareil), une surcharge électrique (utilisation d’un chargeur non compatible ou défectueux) ou une exposition à une source de chaleur externe. Une fois l’emballement initié, la température interne de la batterie augmente de manière incontrôlable, provoquant la destruction des cellules voisines.
L’incendie et le dégagement de fumées toxiques
Un incendie de batterie lithium est particulièrement difficile à maîtriser. Il se caractérise par une combustion violente, des projections de matières incandescentes et des réallumages fréquents. De plus, la combustion libère des fumées extrêmement toxiques et corrosives contenant des composés hautement dangereux comme le monoxyde de carbone (CO) et l’acide fluorhydrique (HF).
Le stockage, la recharge et le transport
Les phases de charge et de stockage sont les plus critiques. Charger des équipements sans surveillance, à proximité de matériaux combustibles ou dans des espaces confinés non ventilés, augmente drastiquement la probabilité d’un sinistre. Le transport de batteries usagées ou endommagées exige également le respect de protocoles de sécurité stricts pour éviter les courts-circuits.
Véhicules électriques et engins de manutention
La gestion d’un parc de véhicules électriques ou d’engins industriels dotés de batteries de forte capacité nécessite une réévaluation de la sécurité routière et des ateliers de maintenance. La manipulation de ces véhicules requiert des consignes claires en matière de stationnement, de branchement et de surveillance visuelle des anomalies (batterie gonflée, odeur suspecte, sifflement).
Conduite à tenir et limites d’intervention
En cas d’incident ou de début d’incendie sur un équipement électrique, la règle d’or est la prudence. Les salariés doivent être formés pour alerter immédiatement et évacuer la zone. Il est primordial de rappeler qu’il ne faut jamais tenter d’intervenir au-delà de sa formation ou sans équipement de protection adéquat. Les feux de batteries lithium nécessitent des agents extincteurs spécifiques et des volumes d’eau considérables que seuls les services de secours ou des équipiers spécialement entraînés peuvent déployer.
Bornes de recharge et stockage d’énergie : les points de vigilance
L’installation d’une borne de recharge en entreprise est l’une des premières étapes visibles de la transition énergétique. Cependant, implanter ces dispositifs dans un parking d’entreprise ou dans un bâtiment logistique requiert une attention particulière quant aux infrastructures électriques et au stockage d’énergie.
Plusieurs points de vigilance doivent être intégrés au DUERP :
- L’installation et l’utilisation des bornes : Les raccordements doivent être conformes aux normes électriques en vigueur (notamment la norme NF C 15-100) et faire l’objet de contrôles périodiques par des organismes agréés.
- Les installations électriques et locaux de recharge : Les zones de recharge doivent être implantées de préférence en extérieur ou dans des locaux techniques dédiés, largement ventilés, isolés des zones de travail et équipés de dispositifs de coupure d’urgence de l’alimentation électrique (boutons d’arrêt d’urgence).
- Le stockage des batteries de rechange : Si votre activité implique le stockage d’accumulateurs neufs ou usagés, ceux-ci doivent être entreposés dans des armoires ignifuges ou des locaux coupe-feu spécifiques, à l’écart de toute source de chaleur.
- L’accessibilité des secours : Les bornes de recharge et les zones de stockage d’énergie doivent rester parfaitement accessibles aux sapeurs-pompiers. Aucun encombrement ne doit entraver l’accès aux coupures d’urgence ou aux moyens de lutte contre l’incendie.
- L’organisation des procédures d’urgence : Les plans d’évacuation et de gestion des sinistres doivent être mis à jour pour intégrer la localisation exacte de ces équipements de recharge et de stockage.
Nouveaux produits et procédés chimiques : comment adapter la prévention ?
La transition écologique pousse également les entreprises à revoir leurs procédés industriels, leurs méthodes de nettoyage et leurs activités de maintenance. L’utilisation de solvants biosourcés, de fluides frigorigènes à faible impact de réchauffement global ou de produits issus de la chimie verte modifie l’exposition des salariés aux risques chimiques.
Contrairement aux idées reçues, un produit d’origine naturelle ou étiqueté « écologique » n’est pas dénué de toxicité pour l’organisme humain (risques d’allergies cutanées, d’irritations respiratoires ou de toxicité par inhalation). L’évaluation des risques chimiques doit donc rester rigoureuse :
- Identification systématique des produits : Tout nouveau produit entrant dans l’entreprise doit être répertorié.
- Analyse de l’étiquetage et des FDS : Il est obligatoire de réclamer et d’analyser la Fiche de Données de Sécurité (FDS) fournie par le fabricant pour identifier les pictogrammes de danger et les conseils de prudence.
- Mise en place d’Équipements de Protection Collective (EPC) et Individuelle (EPI) : Adapter les systèmes de ventilation, de captation à la source et fournir des gants, lunettes ou masques respiratoires adaptés à la nature exacte des nouvelles substances chimiques utilisées.
- Formation du personnel : Les salariés doivent comprendre les risques liés aux produits qu’ils manipulent au quotidien.
Pour vous accompagner dans cette démarche, une formation aux risques chimiques dispensée à vos équipes permettra d’acquérir les bons réflexes de lecture des FDS, de stockage des produits incompatibles et d’utilisation correcte des équipements de protection.
Comment mettre à jour le DUERP face aux risques verts ?
L’intégration de ces nouvelles réalités technologiques nécessite une mise à jour du DUERP structurée. L’employeur est légalement tenu de revoir son évaluation des risques dès lors qu’un changement d’équipement, de procédé ou de matière première intervient dans l’entreprise.
Voici une méthode éprouvée en 6 étapes pour réussir cette transition :
- Recenser les nouvelles technologies, installations et pratiques : Dressez l’inventaire de tous les nouveaux équipements (véhicules hybrides/électriques, batteries, bornes de recharge, nouveaux produits chimiques).
- Identifier les situations dangereuses : Analysez les phases de travail critiques (recharge nocturne, manutention de charges lourdes comme les batteries, stockage de déchets chimiques, maintenance des installations).
- Évaluer la gravité et la probabilité : Estimez le niveau de risque pour chaque situation identifiée en tenant compte des mesures de protection déjà existantes.
- Définir les mesures de prévention : Planifiez des actions correctives techniques (armoires de sécurité, extincteurs adaptés) et organisationnelles (consignes de sécurité, plans de circulation).
- Informer et former les salariés : Sensibilisez vos collaborateurs aux risques spécifiques de ces nouvelles technologies et aux conduites à tenir en cas d’urgence.
- Mettre à jour le DUERP et le plan d’action : Formalisez l’ensemble de ces éléments dans votre Document Unique et intégrez les nouvelles actions de prévention dans votre PAPRIPACT (Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail).
Checklist : 8 questions à se poser pour mettre à jour le DUERP
Pour vous guider dans votre démarche d’évaluation, voici la checklist essentielle à parcourir avec vos équipes HSE ou votre CSE :
- De nouvelles batteries sont-elles utilisées ou stockées ? (Outillages portatifs, vélos ou trottinettes électriques des salariés, équipements de production).
- Des véhicules électriques ou hybrides sont-ils présents sur le site ? (Flotte commerciale, véhicules de service, engins de logistique).
- Des bornes de recharge ont-elles été installées ? (Vérification de la conformité des installations électriques et des protections physiques contre les chocs de véhicules).
- Les zones de stockage sont-elles adaptées ? (Respect des distances de sécurité, présence de bacs de rétention pour les produits chimiques, armoires coupe-feu pour les batteries).
- Les équipes connaissent-elles les procédures d’urgence ? (Conduite à tenir en cas d’emballement thermique d’une batterie ou de fuite de produit chimique).
- Les produits chimiques utilisés ont-ils changé ? (Substitution de solvants traditionnels par des produits « verts » nécessitant une réévaluation des FDS).
- Les moyens d’alerte et d’évacuation sont-ils adaptés ? (Visibilité des arrêts d’urgence, adéquation du système de détection incendie dans les locaux de charge).
- Les formations des salariés sont-elles à jour ? (Habilitations électriques, secourisme, manipulation des extincteurs).
Quelles formations pour préparer les équipes ?
La technique et les équipements ne suffisent pas à garantir la sécurité si le facteur humain n’est pas pris en compte. Face à ces nouveaux risques professionnels, le développement des compétences de vos collaborateurs est le pilier d’une démarche de prévention incendie en entreprise réussie.
Plusieurs parcours de formation sont incontournables pour anticiper ces risques :
- La prévention incendie et la manipulation des extincteurs : Apprendre à reconnaître un départ de feu, à choisir le bon agent extincteur et à utiliser les équipements de première intervention en toute sécurité.
- L’évacuation et la mise en sécurité : Former des guides-files et serre-files capables de diriger une évacuation rapide et ordonnée face à un dégagement de fumées toxiques ou un sinistre électrique.
- L’intervention d’urgence : Une formation équipier de première intervention à Montpellier (EPI) permet de structurer la réponse interne de l’entreprise avant l’arrivée des secours extérieurs, en apprenant à couper les énergies et à contenir un début d’incendie de manière coordonnée.
- Le secourisme et la prise en charge des victimes : La présence de secouristes formés est indispensable. La formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) prépare vos collaborateurs à intervenir immédiatement face à un accident du travail (brûlure thermique ou chimique, inhalation de gaz, électrisation). En complément, la formation PSC à Montpellier (Premier Secours Citoyen) sensibilise les salariés aux gestes d’urgence de la vie quotidienne.
Note de prévention : Bien que les formations incendie classiques apportent les bases indispensables de la lutte contre le feu, elles ne dispensent pas d’une analyse spécifique de vos installations pour adapter vos consignes internes aux spécificités des batteries au lithium.
FORSIPS, votre partenaire prévention à Montpellier et dans le sud de la France
Basé au cœur de votre région, FORSIPS est un organisme de formation spécialisé qui accompagne les employeurs dans la maîtrise de leurs risques professionnels. Que vous soyez implanté à Montpellier, Nîmes, Perpignan, Toulouse, Marseille, Béziers ou Narbonne, nos experts interviennent dans plus de 30 villes du sud de la France pour concevoir des formations sur-mesure, adaptées à vos installations techniques et à vos réalités de terrain.
Notre objectif est de vous apporter des solutions concrètes pour que la transition écologique de votre entreprise rime avec sécurité et sérénité. Nous vous aidons à monter en compétences sur la formation sécurité entreprise Montpellier et à structurer vos plans d’urgence.
Synthèse des mesures de prévention face aux technologies vertes
| Nouvelle technologie ou pratique | Risque potentiel | Mesure de prévention | Formation ou action recommandée |
|---|---|---|---|
| Flotte de véhicules électriques | Électrisation, collision silencieuse, incendie de batterie | Emplacements dédiés, signalisation au sol, consignes de charge | Sensibilisation à la sécurité routière et habilitation électrique (si maintenance) |
| Bornes de recharge | Surcharge électrique, court-circuit, échauffement | Installation par un professionnel agréé, disjoncteurs adaptés, arrêt d’urgence | Contrôle périodique des installations, formation des EPI à la coupure d’urgence |
| Stockage de batteries lithium | Emballement thermique, émanations toxiques, feu violent | Armoire de sécurité ventilée, éloignement des combustibles, bacs de sable sec | Formation EPI et mise à jour des consignes d’évacuation |
| Nouveaux produits chimiques | Brûlures, allergies, réactions dangereuses | Étiquetage rigoureux, accès aux FDS actualisées, port des EPI adaptés | Formation aux risques chimiques et SST |
💡 Encadré pratique : Que faire face à un incident impliquant une batterie ou un équipement électrique ?
En cas d’anomalie visuelle (gonflement, fumée, étincelles) ou d’odeur suspecte sur une batterie ou un appareil en charge, appliquez immédiatement ces consignes :
- Donner l’alerte immédiatement auprès des responsables sécurité et des secours internes.
- Éloigner les personnes de la zone concernée pour éviter l’exposition aux projections et aux fumées toxiques.
- Suivre les procédures internes de coupure d’urgence de l’alimentation électrique si cela est possible sans danger.
- Ne pas intervenir au-delà de sa formation : n’essayez pas d’éteindre un feu de batterie lithium si vous n’avez pas l’équipement et l’entraînement spécifiques.
- Appeler les secours extérieurs (18 ou 112) en précisant qu’il s’agit d’un équipement équipé de batteries lithium-ion.
- Ne pas prendre de risque inutile pour tenter de récupérer, de déplacer ou de sauver l’équipement endommagé.
FAQ — Questions fréquentes
1. Les risques liés aux batteries doivent-ils être intégrés au DUERP ?
Oui, absolument. L’employeur a l’obligation légale (Article R4121-1 du Code du travail) d’évaluer l’ensemble des risques auxquels sont exposés les salariés. Dès lors que votre entreprise utilise, stocke ou recharge des équipements dotés de batteries lithium-ion (outils, téléphones, véhicules), ce risque d’incendie et d’exposition chimique doit être consigné dans le DUERP.
2. Une borne de recharge représente-t-elle un risque professionnel ?
Oui. L’installation d’une borne de recharge introduit un risque électrique (échauffement, court-circuit) et un risque d’incendie. De plus, l’emplacement de la borne peut générer des risques de collision (circulation de véhicules et de piétons dans la même zone) qui doivent faire l’objet de mesures de prévention organisationnelles.
3. Comment prévenir un incendie lié à une batterie lithium ?
La prévention repose sur des règles simples : utiliser uniquement les chargeurs d’origine fournis par le fabricant, éviter de charger les équipements sans surveillance (notamment la nuit dans des locaux vides), stocker les batteries dans des armoires ignifuges dédiées et inspecter régulièrement le parc de batteries pour détecter tout signe de déformation ou de surchauffe.
4. Quelles formations peuvent préparer les salariés ?
Les formations de secourisme (SST), de prévention incendie (EPI, manipulation d’extincteurs) et de gestion de l’évacuation sont essentielles. Elles permettent de structurer la chaîne d’alerte interne et de s’assurer que chaque salarié adopte les bons gestes en cas de sinistre électrique ou de départ de feu.
5. À quelle fréquence faut-il mettre à jour le DUERP ?
Le DUERP doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d’au moins 11 salariés. De plus, une mise à jour est obligatoire lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité (comme l’installation de bornes de recharge ou l’achat d’une flotte de véhicules électriques) ou lorsqu’une information supplémentaire sur l’évaluation d’un risque est recueillie.
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