La santé visuelle au travail concerne tous les salariés, qu’ils travaillent sur écran, en atelier, sur un chantier, dans un laboratoire ou au contact de produits chimiques. En 2026, la multiplication des écrans, l’intensification des rythmes de travail et l’utilisation de substances ou d’outils projetant des particules renforcent la nécessité d’une prévention adaptée.
La Journée mondiale de la vue constitue un moment privilégié pour sensibiliser les entreprises. En 2026, elle a lieu le jeudi 8 octobre, selon le principe d’une célébration organisée chaque année le deuxième jeudi d’octobre. Une action de sensibilisation peut également être prolongée autour du lundi 12 octobre 2026, date mentionnée dans de nombreux calendriers de communication liés à la santé visuelle.
La prévention ne se limite pas au port de lunettes de protection. Elle repose aussi sur l’aménagement des postes, la formation des équipes, l’identification des risques chimiques, la disponibilité d’un rince-œil et la capacité à réagir rapidement en cas d’accident oculaire.
Table des matières
- Pourquoi la santé visuelle est un enjeu en entreprise
- Fatigue numérique en entreprise : signes et prévention
- Les principaux risques oculaires professionnels
- Choisir les bons EPI pour protéger les yeux
- Que faire en cas de projection dans l’œil ?
- Le rôle du SST dans la prévention
- 8 actions pour protéger la vue des salariés
- Questions Fréquentes
- Chiffres Clés
- Conclusion
Pourquoi la santé visuelle est un enjeu en entreprise
Une vision altérée ou une gêne oculaire peut réduire la concentration, ralentir la réalisation des tâches et augmenter le risque d’erreur. Dans les environnements industriels, sur les chantiers ou dans les laboratoires, une baisse de vigilance peut également contribuer à un accident plus grave.
Les risques ne sont pas les mêmes selon les activités :
- travail prolongé sur ordinateur ou double écran ;
- exposition à des poussières, copeaux ou particules métalliques ;
- projection de produits chimiques ;
- travaux de meulage, perçage, soudage ou découpe ;
- manipulation de liquides corrosifs ou irritants ;
- exposition à des rayonnements, à une lumière intense ou à des étincelles ;
- circulation dans des zones où des produits ou matériaux peuvent être projetés.
L’Organisation mondiale de la santé estime que les troubles de la vision représentent un enjeu important de qualité de vie et de productivité. Elle rappelle également qu’une partie significative des déficiences visuelles peut être évitée ou prise en charge. La prévention en entreprise doit donc associer protection collective, équipements individuels, information et suivi adapté.
« La déficience visuelle peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et la productivité au travail »
— Organisation mondiale de la santé
Fatigue numérique en entreprise : signes et prévention
La fatigue numérique en entreprise en 2026 ne désigne pas uniquement une sensation de lassitude après plusieurs heures devant un écran. Elle peut se manifester par une combinaison de symptômes visuels, physiques et cognitifs :
- yeux secs ou sensation de sable dans les yeux ;
- picotements, rougeurs ou larmoiements ;
- vision floue temporaire ;
- difficultés à faire la mise au point entre l’écran et un document papier ;
- maux de tête ;
- sensibilité accrue à la lumière ;
- baisse de concentration ;
- tensions dans la nuque et les épaules ;
- besoin fréquent de plisser les yeux.
Le travail sur écran sollicite fortement l’accommodation visuelle. La concentration prolongée peut aussi réduire la fréquence des clignements, ce qui accentue la sécheresse oculaire. Les reflets, un contraste mal réglé, une luminosité excessive ou insuffisante et une mauvaise distance de lecture peuvent amplifier l’inconfort.
L’INRS recommande d’agir à la fois sur le poste de travail, le choix du matériel et l’organisation du travail. Quitter régulièrement l’écran des yeux, varier les tâches et aménager correctement l’espace font partie des mesures de prévention essentielles.
« La prévention de la fatigue visuelle liée au travail sur écran repose notamment sur l’aménagement du poste, le choix du matériel et l’organisation du travail »
— INRS
Comment aménager un poste de travail sur écran ?
Pour limiter la fatigue numérique, l’entreprise peut vérifier les points suivants :
- Positionner l’écran face au salarié, afin d’éviter les rotations répétées du cou.
- Placer le haut de l’écran à hauteur des yeux ou légèrement en dessous, selon la posture et le confort de l’utilisateur.
- Éviter les reflets provenant d’une fenêtre ou d’un luminaire.
- Privilégier un écran mat lorsque cela est possible.
- Régler la luminosité et le contraste en fonction de l’éclairage ambiant.
- Prévoir un éclairage homogène, sans source lumineuse directe dans le champ de vision.
- Alterner les activités, par exemple entre saisie, échanges, lecture et tâches sans écran.
- Encourager les pauses visuelles, sans attendre l’apparition d’une douleur ou d’un mal de tête.
Une pause visuelle ne signifie pas nécessairement arrêter toute activité. Regarder au loin, se lever, changer de posture ou réaliser une tâche différente permet déjà de réduire la sollicitation continue des yeux.
Les principaux risques oculaires professionnels
Les accidents oculaires au travail peuvent survenir brutalement, parfois en quelques secondes. Dans les secteurs industriels, chimiques, du BTP, de la maintenance et des laboratoires, les causes les plus fréquentes sont liées aux projections, aux poussières et aux particules.
| Situation | Risque pour les yeux | Prévention recommandée |
|---|---|---|
| Manipulation d’acides, bases ou solvants | Brûlure chimique, irritation ou lésion grave | Lunettes étanches, visière si nécessaire, rince-œil accessible, formation aux risques chimiques |
| Meulage, perçage ou découpe | Projection de particules, corps étranger, blessure de la cornée | Lunettes enveloppantes ou écran facial adapté, contrôle des carters et protections machines |
| Travaux de soudage | Rayonnements et brûlures | Protection adaptée au procédé, écran ou cagoule de soudage, respect des distances de sécurité |
| Chantier BTP | Poussières, éclats de béton, bois ou métal | Lunettes de protection adaptées, nettoyage des zones, aspiration ou arrosage contre les poussières |
| Laboratoire | Projection de réactifs ou de liquides biologiques | Lunettes étanches, visière selon l’activité, respect des procédures et des fiches de données de sécurité |
| Maintenance industrielle | Projection sous pression ou libération d’énergie | Consignation, dépressurisation, lunettes ou visière, vérification de l’installation avant intervention |
| Travail sur écran | Sécheresse, fatigue visuelle, maux de tête | Éclairage adapté, réglage de l’écran, alternance des tâches et pauses visuelles |
La première étape consiste à identifier le danger à la source. Les lunettes de protection ne remplacent pas une mesure de prévention collective, une protection de machine, une ventilation ou une procédure de travail correctement conçue.
Choisir les bons EPI pour protéger les yeux
La protection des yeux par des EPI doit être déterminée à partir du risque réel, et non d’une simple habitude. Une paire de lunettes adaptée aux poussières ne protège pas nécessairement contre une projection chimique. De la même façon, des lunettes classiques peuvent être insuffisantes lorsqu’une projection latérale est possible.
Lunettes de protection
Les lunettes à branches avec protections latérales peuvent convenir pour certains risques mécaniques. Elles doivent être compatibles avec les autres équipements portés par le salarié, notamment un casque, une protection auditive ou un masque respiratoire.
Lunettes étanches
Elles sont particulièrement importantes lorsque le risque de projection liquide est identifié. Elles doivent assurer une protection suffisante autour des yeux et être compatibles avec les conditions de travail.
Visières et écrans faciaux
Une visière peut protéger le visage contre une projection plus large ou compléter les lunettes. Elle ne doit toutefois pas être considérée comme un remplacement automatique des lunettes lorsque les consignes exigent une double protection.
Entretien et disponibilité
Un EPI efficace doit être :
- disponible au poste ;
- adapté à la morphologie du salarié ;
- propre et en bon état ;
- correctement rangé ;
- remplacé lorsqu’il est rayé, déformé ou endommagé ;
- compatible avec les autres équipements.
Les salariés doivent connaître les limites de chaque équipement et savoir dans quelles situations son port est obligatoire.
Que faire en cas de projection dans l’œil ?
En cas de projection chimique, chaque seconde compte. Le protocole doit être connu avant l’accident et affiché à proximité des zones concernées.
En cas de projection chimique : alerter, rincer selon les consignes de sécurité, ne pas frotter l’œil et appeler les secours si nécessaire.
Les actions générales à retenir sont les suivantes :
- Alerter immédiatement les personnes présentes et le responsable désigné.
- Se rendre vers le rince-œil ou la douche de sécurité, sans attendre l’apparition d’une douleur importante.
- Maintenir l’œil ouvert autant que possible pendant le rinçage.
- Rincer abondamment, conformément aux procédures internes, à la fiche de données de sécurité et aux recommandations des services d’urgence.
- Retirer les lentilles de contact si cela peut être fait facilement, sans retarder le rinçage.
- Ne pas frotter l’œil et ne pas tenter de retirer un corps étranger incrusté.
- Ne pas appliquer de produit ou de collyre non prévu par les consignes médicales.
- Faire évaluer la victime par un professionnel de santé et appeler les secours si nécessaire.
L’INRS indique, pour une projection chimique dans l’œil, un rinçage abondant à l’eau, de préférence avec un rince-œil, en maintenant l’œil ouvert pendant au moins 15 minutes. Cette indication doit toujours être articulée avec les procédures de l’entreprise, la fiche de données de sécurité du produit et les instructions des services d’urgence.
« En cas de projection chimique dans l’œil, rincer abondamment à l’eau en maintenant l’œil ouvert, en utilisant de préférence un rince-œil »
— INRS
Les erreurs à éviter
Certaines réactions peuvent aggraver la situation :
- frotter l’œil pour tenter de faire disparaître la douleur ;
- attendre de voir si les symptômes s’atténuent ;
- utiliser un produit non identifié ;
- interrompre le rinçage trop rapidement ;
- retirer un objet planté dans l’œil ;
- conduire soi-même si la vision est altérée ;
- minimiser une projection sous prétexte qu’elle semble peu importante ;
- oublier de conserver ou de transmettre le nom du produit impliqué.
Après l’urgence, l’entreprise doit analyser l’événement : équipement absent ou mal adapté, procédure inconnue, produit mal étiqueté, rince-œil inaccessible, défaut de formation ou organisation insuffisante. Cette analyse permet d’éviter la répétition de l’accident.
Le rôle du SST dans la prévention
Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un acteur essentiel de la réponse aux accidents et de la prévention quotidienne. Sa mission ne consiste pas à remplacer les services de secours ou les professionnels de santé, mais à intervenir dans le cadre de ses compétences et des procédures de l’entreprise.
La formation SST permet notamment d’apprendre à :
- protéger face à une situation dangereuse ;
- examiner une victime ;
- faire alerter ou alerter ;
- secourir une victime selon la situation ;
- repérer certains dangers dans l’environnement de travail ;
- transmettre une information utile à l’employeur ou au responsable prévention.
Les programmes de formation FORSIPS consacrent une place à la protection, à l’examen de la victime, à l’alerte, aux brûlures, aux traumatismes et aux risques spécifiques de l’entreprise. Le maintien et l’actualisation des compétences permettent aux titulaires du SST de conserver un niveau de maîtrise adapté.
Les entreprises de Montpellier, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et plus largement d’Occitanie peuvent s’appuyer sur FORSIPS pour structurer leurs actions de prévention :
- Formation Risques Chimiques
- Formation SST Montpellier
- Formation EPI Montpellier
- Formation SST
- Accueil FORSIPS
FORSIPS intervient dans plus de 30 villes du sud de la France, auprès d’entreprises souhaitant renforcer leurs compétences en secourisme, incendie et prévention des risques professionnels.
8 actions pour protéger la vue des salariés
- Identifier les situations exposant les yeux dans le document unique et les analyses de postes.
- Mettre en place les protections collectives avant de recourir aux EPI.
- Choisir des lunettes ou visières adaptées à chaque risque.
- Installer et signaler les rince-œil à proximité des zones de manipulation.
- Former les salariés aux projections chimiques et aux gestes d’urgence.
- Vérifier régulièrement l’état des EPI, leur disponibilité et leur compatibilité.
- Aménager les postes sur écran et organiser l’alternance des tâches.
- Former et maintenir les compétences des SST, puis analyser chaque accident ou presque-accident.
Cette checklist peut être intégrée à une visite HSE, à une campagne de sensibilisation ou à une réunion dédiée à la Journée mondiale de la vue.
Questions Fréquentes
Quels sont les principaux signes de fatigue numérique au travail ?
Les signes les plus courants sont les yeux secs, les picotements, les rougeurs, la vision floue temporaire, les maux de tête, la sensibilité à la lumière et les difficultés de concentration. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, le salarié doit en parler à son employeur et demander un avis médical adapté.
Les lunettes de protection sont-elles obligatoires en entreprise ?
Elles peuvent être obligatoires lorsque l’évaluation des risques montre un danger pour les yeux et que les mesures collectives ne suffisent pas. Le choix de l’EPI doit correspondre au risque : poussières, particules, projection liquide, rayonnement ou produit chimique.
Que faire immédiatement après une projection chimique dans l’œil ?
Il faut alerter, rejoindre le rince-œil, maintenir l’œil ouvert et rincer abondamment selon les consignes de sécurité. Il ne faut pas frotter l’œil ni attendre que la douleur passe. Les secours doivent être contactés lorsque la situation le nécessite.
Un écran peut-il provoquer une perte de vision ?
Le travail sur écran est surtout associé à une fatigue visuelle, une sécheresse oculaire et un inconfort liés aux conditions de travail. Il est important d’aménager le poste, de varier les tâches et de consulter un professionnel de santé en cas de trouble persistant.
Pourquoi former les SST aux accidents oculaires ?
Les SST peuvent contribuer à protéger la zone, déclencher rapidement l’alerte, accompagner la victime vers le rinçage prévu et appliquer les procédures de l’entreprise. Une formation régulière améliore la réactivité et la qualité de la prévention.
Chiffres Clés
📊 2,2 milliards de personnes dans le monde vivent avec une déficience visuelle de près ou de loin, selon l’Organisation mondiale de la santé.
💡 Au moins 1 milliard de cas pourraient être évités ou corrigés grâce à une prévention ou une prise en charge adaptée, selon l’OMS.
⏱️ 15 minutes au minimum : durée de rinçage mentionnée par l’INRS pour une projection chimique dans l’œil, selon les consignes applicables.
📍 Plus de 30 villes du sud de la France : zone d’intervention annoncée par FORSIPS pour ses actions de formation et de prévention.
📊 2,2 milliards de personnes concernées – Déficience visuelle dans le monde
📊 Rinçage abondant pendant au moins 15 minutes selon les consignes applicables – Projection chimique dans l’œil
Conclusion
La santé visuelle au travail doit être intégrée à une démarche globale de prévention. La fatigue numérique en entreprise, les projections chimiques, les poussières et les particules peuvent concerner des métiers très différents, mais les principes restent les mêmes : identifier les risques, privilégier les protections collectives, choisir les bons EPI, maintenir un rince-œil accessible et former les salariés aux bons réflexes.
Les procédures internes, les notices des produits, les fiches de données de sécurité et les consignes des services d’urgence doivent toujours être suivies. Une organisation préparée permet de réagir plus rapidement et de limiter les conséquences d’un accident oculaire.
Contactez FORSIPS au 07.68.01.99.41 ou sur www.forsips.fr pour renforcer votre prévention santé et sécurité au travail.